Depuis quelques semaines, une nouvelle vague secoue la scène musicale marocaine (et mondiale) : les AI Remixes. Des sons réinterprétés par des voix générées, des mashups impossibles, des feats fantômes. Le tout propulsé par TikTok et Instagram, où chaque nouveauté fait déjà des milliers de partages. Entre fascination et agacement, innovation et problème éthique, la question divise autant qu’elle intrigue.
Le phénomène : une créativité sans limites ou sans règles ?
D’un côté, la vague est impossible à passer sous silence. Les remixes explosent, transformant n’importe quel morceau en jeu de laboratoire sonore. Certains créateurs y voient un terrain libre, un moyen de démocratiser la création, de pousser les artistes humains à se renouveler et de réinventer le rapport à la musique.
Mais l’autre côté de la pièce révèle un flou artistique total. Les voix d’artistes sont utilisées sans autorisation, parfois même pour leur faire dire ou chanter des choses qu’ils refuseraient dans la vraie vie.
Beaucoup dénoncent un manque de respect pour leur identité artistique et leur travail.
Les artistes réagissent : peur, agacement et curiosité
Sur la scène locale, certains acteurs dans l’industrie commencent à s’agacer. “Le problème, c’est pas la technologie, c’est l’usage qu’on en fait”, entend-on souvent dans des live et des stories.
Certains rappeurs marocains affirment que ça banalise leur voix, leur image, et leur style. D’autres y voient une caricature permanente de leur travail, qui peut nuire à leur perception publique.
Mais surprise : d’autres se montrent intrigués, voire excités par ce qu’ils entendent. Pour eux, l’AI est une opportunité, un outil supplémentaire pour explorer d’autres univers sonores, tester des versions alternatives de leurs propres sons, ou jouer avec leur identité artistique comme jamais auparavant.
Copyright, droits d’auteur et frontières encore floues
Sur le plan légal, personne n’a réellement de réponse claire et c’est ce qui inquiète.
Les plateformes sont dépassées, les textes de loi datent d’une époque où personne n’imaginait que la voix d’un artiste pourrait être clonée en quelques secondes.
Les ayants droit commencent à hausser le ton : utilisation non consentie = violation potentielle. Mais dans la pratique ? Les remix se multiplient plus vite que les signalements.
Alors, liberté créative totale ? Ou violation massive des droits d’auteur sous couvert de fun viral ?
Le débat est ouvert, et pour l’instant, aucune règle ne semble vraiment tenir.
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