Entre Fès, Santander et Rabat, Rayan Aarab trace une ligne artistique qui ne ressemble à personne. Membre de theartistecollectif et Biriebi3, le jeune créateur revendique l’isolement comme moteur, la réflexion comme carburant, et une vision qui dépasse la simple production visuelle. Chez lui, l’art n’est pas un geste : c’est une discipline.
L’isolement, son laboratoire intérieur
Pour Rayan Aarab, s’éloigner du monde n’a rien d’une fuite. C’est un choix assumé, presque méthodique. Il voit la solitude comme un endroit pour souffler, un terrain où les idées se posent, se clarifient, se réorganisent.
Sans cet isolement, dit-il, le cerveau s’encombre, le bruit s’installe, l’inspiration se dissout. C’est dans ces moments-là qu’il écrit, dessine, conceptualise.
Quand il replonge dans le social, il sent que sa vision artistique perd en netteté. L’isolement devient alors sa manière de protéger ce qu’il a de plus précieux : sa lucidité créative.
theartistecollectif : d’une marque à un collectif affirmé
Plutôt que de disparaître dans la masse, theartistecollectif est devenu un collectif indépendant. Pas un crew random : un vrai mélange d’artistes qui ne se ressemblent pas, mais qui se complètent.
Rayan le décrit comme une table servie où chaque personne apporte une saveur. Comme le miel, le sel, la menthe, le sucre, le pain. Rien n’a la même texture, rien n’a la même utilité, mais tout crée un ensemble cohérent quand c’est réuni.
C’est cette diversité qui fait la force du projet : aucune imitation, aucune uniforme. Juste des visions qui s’additionnent sans s’écraser.
Biribe3 et Tarikh Maghrib : raconter 40 ans de rap marocain
En parallèle, Rayan fait partie de Biriebi (Biribe3), un collectif qui s’attaque à un chantier : documenter la culture rap et bien d’autres. Avec Tarikh Maghrib, ils compilent archives, images, extraits, références oubliées, un travail d’exploration nécessaire dans un pays où la mémoire de la scène urbaine a souvent été dispersée, jamais vraiment préservée.
Ce projet n’est pas juste un retour dans le passé : c’est une plongée dans les racines, une volonté de remettre de l’ordre, de raconter aux nouvelles générations ce qui a été construit avant elles.
Pour Rayan, ce travail d’archive complète parfaitement son approche artistique : comprendre l’histoire pour affiner sa vision, protéger la culture pour mieux la créer.
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