L’originalité artistique est elle devenue un luxe ou un défaut dans l’industrie musicale actuelle ? Aujourd’hui, il suffit d’ouvrir Spotify pour se rendre compte d’un truc flagrant : tout finit par se ressembler. On prend les mêmes flows, les mêmes prods, et on change juste la cover. Chez Kroniks, on a décidé de poser les pieds dans le plat.
Est-on en train de vivre une crise de créativité ou est-ce simplement la nouvelle règle du jeu imposée par les labels ?
Le règne du Ctrl+C : l’originalité artistique s’efface
Le problème, c’est que cette normalisation du copier coller crée une scène uniforme. On n’écoute pas un artiste pour sa vision, mais pour sa capacité à reproduire une recette qui marche. On oublie que la musique, avant d’être une stat, c’est une empreinte. Et quand tout le monde porte la même chaussure, plus personne ne laisse de trace.
Labels et algorithmes : Le business du clonage
Pourquoi les labels poussent-ils des clones ? La réponse est simple : le risque zéro. Signer un artiste qui apporte une réelle originalité artistique, c’est prendre le risque que le public ne comprenne pas tout de suite.
Les labels préfèrent miser sur un Safe Bet. Si un certain type de mélo cartonne dans le Top 50, ils vont chercher trois autres artistes capables de faire exactement la même chose. C’est une stratégie purement mathématique. On ne cherche plus la prochaine star, on cherche le prochain produit qui va générer du stream immédiat. C’est efficace pour le portefeuille, mais catastrophique pour la culture.
L’auditeur est-il complice de cette paresse ?
C’est là que ça devient piquant. On critique les artistes, mais qu’en est-il de nous, les auditeurs ? On consomme la musique comme un fast food. On veut un truc rapide, efficace, qu’on reconnaît déjà. L’oreille s’habitue à la médiocrité et finit par rejeter ce qui est trop différent.
Pourtant, il existe une scène underground marocaine qui transpire l’authenticité. Des artistes qui taffent leurs textes, qui expérimentent sur les sonorités traditionnelles pour les mixer au futur. Mais sans le soutien massif du public, ces projets restent dans l’ombre pendant que les photocopies prennent toute la place en radio.
Le Milking : Presser le citron jusqu’à l’aigreur
Le terme milking n’a jamais été aussi approprié. Une fois qu’un filon est trouvé, l’industrie l’exploite jusqu’à l’épuisement total. On voit des carrières entières basées sur un seul gimmick volé ailleurs.
Pendant ce temps, les vrais créateurs, ceux qui possèdent une originalité artistique, galèrent à décrocher des contrats de distribution corrects. Pourquoi ? Parce qu’ils ne rentrent pas dans les cases des playlists édictées par des algorithmes qui favorisent la répétition plutôt que l’innovation. C’est un cercle vicieux qui finit par dégoûter les talents les plus prometteurs.
Sauver l’art avant qu’il ne soit trop tard
L’originalité artistique ne doit pas être un argument marketing, ça doit être l’essence même de notre scène. On pense qu’il est temps de redonner de la valeur à ceux qui osent. Le Top 50 n’est pas une preuve de qualité, c’est une preuve de visibilité.
Soutenir les artistes qui cassent les codes, critiquer ceux qui se contentent de traduire des hits et visuels étrangers, c’est notre rôle. La musique marocaine a trop de potentiel pour se contenter d’être une version low-cost de ce qui se fait ailleurs.
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